Nouveau confinement : quel impact psychologique ?

0

« Cette fois-ci, j’ai l’impression que je ne vais pas y arriver », lançait Noémie, 31 ans, à l’approche du second confinement. Célibataire parisienne, elle avait passé le premier confinement seule dans son studio de 25m2 et a « tenu le coup grâce au travail ». « Pendant deux mois, je n’ai fait que bosser, raconte-t-elle. J’étais plutôt motivée, je faisais du sport le matin, je cuisinais de bonnes choses le midi, le soir je skypais avec des amies ou de la famille… ». Le soir du 28 octobre, à l’annonce du reconfinement par le président de la République, Noémie s’effondre. « Je n’ai plus la même motivation qu’au printemps. J’ai passé l’été à reprendre mes marques, je me sentais mieux, malgré le masque, malgré la peur de tomber malade. Là, c’est la déprime totale ». La jeune femme n’est évidemment pas la seule à ressentir ce gros coup de déprime, d’autant plus à l’annonce, le 31 mars, d’un troisième confinement. De nombreux reproches ont d’ailleurs été adressés à Emmanuel Macron et au gouvernement quant au fait qu’ils ne parlent pas (assez) de l’impact de cette crise sur notre santé mentale.

L’impact dépend de notre expérience des confinements précédents
En effet, « pour l’instant, la priorité est portée sur la santé sanitaire des Français, commente Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne. La situation est inédite, les mesures sont dures à prendre, mais le plus important est que chacun sache qu’il peut consulter un psychologue ou un psychiatre si son état psychique se dégrade. Il n’y a pas de honte ni de gêne à recevoir de l’aide quand une situation est difficile à traverser ».

Selon la spécialiste, notre façon d’appréhender ce nouveau confinement dépend de nos autres expériences. « Pour certains, cela réveillera des réflexes acquis lors du mois de mars (ou de novembre) : adaptation, résilience, organisation du temps, attention portée à ses émotions… Une fois ces facteurs de protection réactivés, il y a de grandes chances pour que cette nouvelle expérience ne soit pas mal vécue. En revanche, pour les personnes fragilisées psychologiquement, seules, ou qui ont connu le deuil, les prochaines semaines pourraient s’avérer anxiogènes ».

« Nous n’étions pas tout à fait remis des derniers mois »
Julien a 32 ans et vit à Lyon avec sa copine. Ensemble, ils ont « survécu » au confinement de mars, mais le jeune homme n’a jamais cessé de faire des crises d’angoisse depuis. « Quand j’ai entendu l’annonce du gouvernement à propos du deuxième confinement, j’ai immédiatement repris rendez-vous avec ma psy, confie-t-il. Je sens que mon moral commence vraiment à lâcher ». Face à ce troisième confinement, Johanna Rozenblum explique que le défi principal est de trouver de nouvelles ressources en soi pour faire face à la situation.

Et ce défi n’est pas simple à relever. « Lors du premier confinement, un certain espoir nous maintenait à flot. Aujourd’hui, nous avons davantage de mal à nous projeter. L’efficacité de toutes les mesures qui ont été prises sème le doute car nous nous retrouvons de nouveau confinés, il est alors plus compliqué d’avoir un regard apaisé sur les prochains mois. En somme, c’est cette accumulation de facteurs qui peut venir nous fragiliser alors que nous n’étions pas tout à fait remis des derniers mois ».

La crainte d’une hausse des suicides à cause du reconfinement

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.